dimanche 30 septembre 2012

Rencontre avec Shirley Ponseel, une petite française au pays du merengue!!


Shirley sous les couleurs de la République Domicaine 


Par ce blog, je tiens à vous faire rencontrer des personnes, des caractères, des parcours, des artistes, des militants, des scientifiques, des sportifs, des enseignants, des poètes…qui toutes à leur manière contribuent à rendre le monde meilleur ! Elles nous font rêver, rire, elles nous soulagent ou nous amènent à réfléchir, toutes ont en commun un sens du dépassement et de l’effort, au service de l’autre.
J’espère par ces petites chroniques vous donner envie d’aller à leur rencontre, et puis j’espère vous faire voyager un peu à travers le monde… !

Cette semaine, nous partons en République Dominicaine avec Shirley Ponseel, jeune dunkerquoise de 24 ans.
C’est le Brésil qui nous a fait nous rencontrer Shirley et moi. C’était à l’Espa, point de rencontre incontournable de la digue de Malo (Dunkerque-France), lieu alors bien fréquenté par les étudiants brésiliens de Dunkerque, et par les joueurs brésiliens évoluant dans l’équipe de Volley de Dunkerque.  Grande, belle blonde, regard bleu, elle est de ces personnes positives et enjouées, qui ont toujours le sourire aux lèvres et la tête dans les voyages.
Les voyages, pour Shirley, c’est depuis toute petite avec ses parents en République Dominicaine. La République Dominicaine est sur l’île d’Hispaniola, qu’elle se partage avec la République d’Haïti.  Ce fut le coup de cœur, le coup de foudre avec ce bijou des Caraïbes, connue pour ses plages paradisiaques, le merengue et la bachata ! Mais, au-delà de l’image de carte postale, Shirley s’est depuis l’âge de 13 ans intégrée à la population, dont elle maîtrise parfaitement la langue et les codes. Chaque année, Shirley bat le rappel  dans tout Dunkerque pour collecter vêtements et fournitures scolaires pour les enfants.  
Si elle a un grand cœur, Shirley a aussi beaucoup d’énergie, de la force, de la détermination. Cette détermination qui l’a menée depuis le printemps dernier en Equipe Nationale de Handball deRépublique Dominicaine. Le Hand, elle le pratique  depuis l’âge de 11 ans. Elle a fait ses premiers pas dans l’équipe de handball à Dunkerque pour ensuite rejoindre l’équipe de St Pol en Nationale 3 puis l’équipe de Hazebrouck qui évolue actuellement en Nationale2.

Elle a osé, elle a tenté, elle a réussi aujourd’hui à réunir ses deux passions. La passion pour son île, et la passion pour la balle. 
Elle déclare : « Tout sportif lambda a pour rêve de jouer au plus haut niveau, j’en ai eu l’opportunité je l’ai saisie, jouer des compétitions internationales cela n’a pas de prix !! »
Rencontre.

Tu as rejoins depuis quelques mois équipe nationale de Handball féminin de la République Dominicaine. Qu’as-tu trouvé dans cette équipe ?
Une équipe de filles géniales, avec des entraineurs géniaux. Des filles faisant beaucoup de sacrifices, la plupart ont dû partir de leur région pour pouvoir s’entrainer à la capitale tous les jours. Forcément la culture handballistique n’est pas la même qu’en Europe, et la rigueur n’est pas leur point fort surtout au niveau du respect des horaires.

As-tu été acceptée facilement?
Oui ! Je n’ai rencontré aucun problème d’adaptation, je connaissais quelques filles auparavant, les filles étaient super contentes de ma venue. Dès que je suis arrivée c’était les grandes embrassades, lorsqu’il fallait se mettre par 2 pour s’échauffer, tout le monde voulait être mon binôme ! Lorsqu’il fallait faire plusieurs équipes, les filles voulaient faire partie de la mienne. Dès mon premier voyage, en février 2012, plusieurs filles ont insisté pour m’offrir leur maillot de match. Lors de mon départ c’était les grandes larmes … Après une semaine, de forts liens étaient déjà noués. Bien sûr, quand je suis en France on est constamment en contact par internet pour savoir si tout se passe bien là-bas comme ici.
L’adaptation à la population est la même qu’avec l’équipe, tout le monde est là pour toi, pour t’aider, pour que tu te sentes bien, pour eux c’est naturel de s’entraider, d’aller vers les personnes, de proposer leurs services … Ayant beaucoup voyagé, je n’ai jamais trouvé une population aussi chaleureuse.



En quoi cette ambiance et ces expériences sont-elles différentes de ce que tu as connu dans les équipes françaises ?
Le niveau forcement ! En étant en sélection nationale j’ai eu l’opportunité de jouer des compétitions internationales (Tournoi Qualificatif Olympique) au Danemark où j’ai rencontré les Russes anciennes championnes olympiques, les Danoises anciennes championnes du monde et la Tunisie vice-championne  d’Afrique. Pour moi c’est un rêve qui se réalise, de jouer contre les stars du handball mondial …Il y a aussi tout ce qu’il y a autour, la base de préparation réalisée à Bilbao en Espagne, où on s’entrainait 2 voire 3 fois par jour, le fait de vivre ensemble 24/24, les voyages, les avants match, la présentation des équipes, les hymnes nationaux devant une arène … chaque moment reste inoubliable et unique que je ne connais pas avec mon club actuel.
Ensuite niveau ambiance, tout est très diffèrent de la France, là-bas tout est basé sur la musique, la danse, la joie de vivre. Tout le monde est là pour aider, pour valoriser, pour encourager … à la différence de la France où critiquer les gens est le sport national !…Là-bas rien n’est jamais très grave, tout problème a une solution. On relativise. Personne ne stresse et finalement tout s’arrange.

Que retiens-tu de la vie en équipe ?
Un équipe, c’est être uni sous le même objectif, c’est travailler, construire, évoluer ensemble durant une saison, un cycle sportif. Une équipe doit rester soudée tout au long de la saison que ce soit dans les bons ou mauvais moments. Dans les moments de doute l’équipe doit être capable de se soutenir, de se mobiliser, de s’encourager pour éviter d’installer le doute et que cette période de moins bien passe le plus rapidement possible. Pour cela il faut que l’équipe vive bien également hors terrains, il est important de se retrouver dans des moments conviviaux !



Tu connais bien la République Dominicaine, puisque tu en as pris la nationalité. Parle-nous de ce pays !
La République Dominicaine est un pays pauvre économiquement mais riche humainement. Les Dominicains ont la joie de vivre et cela n’a pas de prix. Il est rare de rencontrer un Dominicain triste. Les Dominicains travaillent pour pouvoir partager de bons moments avec la famille et les amis. La musique, la danse, le rire font partie de leur quotidien … Il m’est arrivé d’arriver à la banque, de devoir attendre quelques minutes car le personnel était occupé de danser un merengue !  Dans la rue la musique est constamment présente. Après le travail, tout le monde sort les chaises et s’installe sur le trottoir avec les voisins pour parler, boire un coup, danser, jouer au domino et cela tous les jours !
C’est un pays pauvre, mais vu que tout le monde est solidaire, il est rare de trouver des personnes sans domicile, on ne meurt pas de faim … Il y aura toujours la famille, un voisin, un ami pour nous aider.

Aujourd’hui, tu te définis comment : Dunkerquoise, Française, Européenne, Dominicaine ou Citoyenne du Monde ?
Forcément Dunkerquoise et Française je suis née ici, mes racines, mes amis, ma vie sont ici  mais également Dominicaine je porte réellement ce pays dans mon cœur, disons que je suis 50/50 !

Pour conclure Shirley, quelle sont les bonnes raisons de faire du sport ?
Le sport est un moyen de se dépenser, de se dépasser, il permet de lier des liens forts avec certaines personnes, de vivre des moments inoubliables, de voyager, de partager. L’adrénaline de la compétition est également géniale avant pendant et après la compétition ou le match. Savourer le succès ou au contraire se remobiliser après l’échec sont des choses que le sport permet de nous  faire vivre. Le sport est également un moyen pour les jeunes d’accepter les règles, de devenir un bon citoyen, de respecter son adversaire, partenaire, entraineur, arbitre, public 


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