vendredi 12 octobre 2012

Journée des enfants au Brésil- Portrait de l'enfance brésilienne





Aujourd'hui, 12 octobre, c'est la journée des enfants au Brésil (O dia das crianças). Cette fête est célébrée en même temps que le jour de que Nossa Senhora Aparecida (Notre-Dame d’Aparecida) et c'est un jour férié. C'est un peu le symbole de ce pays où l'enfant est roi...L'enfant ici est très tôt aimé, imaginé, attendu, adoré, objet de toutes les attentions et de toutes les précautions. Lui consacrer une journée entière, a fortiori un jour férié n'est qu'une des multiples manifestations de l'amour et de la passion des Brésiliens pour les enfants.


La journée des enfants au Brésil a été créée dans les années 1920, par le député Galdino do Valle Filho. Le Conseil a approuvé l’idée le 12 Octobre. Cette journée a été officiellement déclaré Journée des enfants par le Président Arthur Bernardes, le 5 Novembre 1924. A cette époque, l'enfance est fragile: mortalité, travail des enfants, faible alphabétisation, absence de réel statut social. Faire de l'enfance un enjeu national, un enjeu du développement économique et social, c'est placer ses efforts pour le futur et l'avenir de la nation.

Pourtant, ce sont les années 60 qui popularisent la journée des enfants sous l'impulsion du fabriquant de jouets  Brinquedos Estrela, associé à Johnson &Johnson, qui lancent alors la "semaine du bébé robuste" pour doper leurs ventes.






Alors comment se déroule une Journée des Enfants? Les enfants reçoivent des jouets, quand la famille le veut et le peut, et dans certains cas, une petite fête est organisée, un peu comme une fête d'anniversaire.
En fait, c'est tout le mois d'octobre qui est consacré aux enfants: les boutiques sont pleines de cadeaux et certains magasins offrent des cadeaux à leurs clients accompagnés d'enfants.
La Journée des Enfants est la fête qui génère le plus gros chiffre d'affaires après Noël.
Certaines familles luttent pourtant contre le consumérisme. Certaines familles font de la fête des enfants un moment privilégié pour passer du temps avec les enfants, pour leur prêter de l'attention et faire des activités ensemble (sorties, promenades...). 






Pourtant, la situation de l’enfance est contrastée, comme l’est généralement l’ensemble de la population brésilienne. 
Voici un portrait de l’enfance au Brésil sous l’angle de l’éducation, le travail des enfants, et l’adoption internationale. 

1) L'éducation
L’éducation est la grande préoccupation des Brésiliens. L’actuelle campagne électorale des municipales en témoigne : la demande sociale est très forte, c’est le sujet n°1. Alphabétisation, accès aux formations diplômantes, articulation des politiques publiques, amélioration de la gestion des ressources, renforcement des structures et du fonctionnement des structures éducatives : l’éducation est actuellement la clé de la réduction des inégalités sociales et territoriales.
Le Brésil dépense 5,1% de son PIB pour l’éducation, comme la moyenne des pays de l’OCDE.
Les résultats de ce volontarisme politique sont plutôt encourageants puisque, d’après l’Institut brésilien des ressources géographiques et statistiques (IBGE) le taux de scolarité des enfants de 7 à 14 ans était de 97,67%  en 2007, contre 86,59% en 1992).
Un bémol pourtant, puisque un million d’enfants entre 6 et 14 ans ne fréquentent pas l’école primaire et 50% des jeunes de 15 à 17 ans n’ont jamais mis les pieds à l’école secondaire.
Aujourd’hui, 14 millions de Brésiliens (7,5% de la population) ne savent ni lire ni (source : recensement général de la population de 2010). Dix millions d’entre elles se sont inscrites au Programme "Brésil Alphabétisé" mais plus de la moitié aurait abandonné.

2) le travail des enfants
25% de la population brésilienne vit sous le seuil de pauvreté. Dans des conditions souvent terribles, en ville ou en milieu rural, des enfants sont contraints de travailler. Ils travaillent essentiellement dans les milieux agricoles mais aussi charbonniers. Il y a encore 480 000 enfants employés comme domestiques, essentiellement des petites filles.
Selon une étude de l'Institut brésilien de recherche économique appliquée (IPEA), le nombre d'enfants brésiliens âgés de 5 à 14 ans contraints de travailler a diminué de plus de moitié entre 1992 et 2008. Ils sont encore 1,7 million, soit 5% de cette tranche d’âge, mais ils étaient 13% il y a dix-huit ans.
Ce résultat est le fruit de mesures drastiques et d’une forte volonté gouvernementale. Un vaste programme de lutte contre la pauvreté a démarré dans les années 90 et a été conforté  en 2003 par le gouvernement Lula. La « bolsa familia, bourse familiale versée sous forme d’aide mensuelle, a été accordée à plus de 12,4 millions de familles pauvres. Seules conditions pour l’obtenir : les enfants de ces familles doivent être scolarisés et justifier d'un carnet de vaccination à jour.  

3) l'adoption
Environ  80 000 enfants vivraient “en abri” (institutions publiques ou privées), c'est-à-dire qu’ils sont considérés comme abandonnés, mais moins de 10% sont adoptables. En effet, pour qu'un enfant soit adoptable, il faut qu'il remplisse une des conditions suivantes:
- ne pas avoir de filiation connue, 
- être orphelin,  
- être déclaré judiciairement abandonné, 
- que les parents ou les représentants légaux aient valablement consenti à l’adoption,
- si l’adopté est âgé de plus de 12 ans, il doit consentir personnellement à son adoption.
Près de 400 enfants brésiliens sont adoptés par des étrangers chaque année. Le nombre d’enfants brésiliens adoptés par des familles étrangères a chuté au cours des cinq dernières années. En effet, les brésiliens prennent de plus en plus conscience du problème des enfants abandonnés et l’adoption tardive est de plus en plus courante chez les Brésiliens. La tendance est donc toujours vers la diminution en nombre et vers une augmentation de l’âge moyen des enfants adoptés.
De plus, les autorités donnent la priorité aux résidents de l’état, puis aux Brésiliens des autres états, puis aux Brésiliens qui habitent hors du Brésil et enfin aux autres.
6204 enfants ont été adoptés au Brésil par des Français depuis 1980, la plupart entre 1985 et 1996, mais depuis les chiffres sont en baisse :
Nombre d’enfants adoptés :
  • 2007 : 66
  • 2008 : 39
  • 2009 : 63
  • 2010 : 13
  • 2011 : 23
Au Brésil, adopter veut dire en général adopter des “grands”, il n’y a pas de bébés à adopter, il est impossible d’adopter des bébés de moins de un an et la plupart des adoptions concernent des plus de deux ans, voire cinq, six ans et plus, et souvent des fratries.
Pour mémoire, peuvent adopter au Brésil les personnes remplissant les conditions suivantes :
  • Les couples mariés avec ou sans enfant sans condition de durée de mariage;
  • Les couples vivant en union stable;
  • Les célibataires.


2 commentaires:

  1. Je viens de connaître ce blog depuis le blog Depuis Vitória, Brésil:
    Un jour, peut-être, je sors de ma microbulle capixaba purement Brésilienne et je découvre la communauté française de Vitória! Je ne vois que des français cultivés! Tiens mais que vois-je! VOus êtes abonnée à mon blog Vitoria Sustentável!

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  2. Ah, parce qu'il y a une communauté française à Vitoria?!!!!
    bon faut dire j'ai pas vraiment cherché, mais je peux confirmer que j'ai rencontré des français sympas ici (couples mixtes, comme moi, bien sûr!!!). Je connais en effet ton blog, attirée par son titre, vu que je suis urbaniste de métier et que j'ai conduit quelques projets de maîtrise d'ouvrage publique en matière d'urbanisme durable en France...malheureusement, ici, la conduite des projets urbains et les conditions de recrutement ne m'ont pas encore permis de travailler ici dans ce domaine!

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